HÉCATE
Ce roman est disponible chez l'éditeur SOMBRES RETS, 181, Bd Chave, 13005 Marseille http://sombres-rets.fr/parution-de-hecate-de-nathalie-henneberg .
SF - Fantastique - Littérature populaire
Casse-tête pour Coplan (n°465, 1965) a une particularité, il se déroule en totalité dans un seul pays, l’Inde. L’agent secret se rend à New Delhi pour rencontrer un correspondant local qui doit lui remettre des microfilms. Progressivement Coplan se rend compte que James Chancer est en mauvaise santé, puis après avoir longuement discuté avec l’agent, il finit par comprendre que celui-ci a été contaminé par une source d’énergie atomique et lui donne l’ordre de partir immédiatement pour Paris où l’on pourra traiter son cas. Coplan propose à Chancer de le remplacer pendant le temps nécessaire où il sera soigné. En allant à l’aéroport, les deux hommes sont poursuivis par trois malfrats dont Coplan réussit à se débarrasser. Dès lors il s’efforcera de retrouver par quel moyen mystérieux Chancer a été contaminé et pour quelles raisons. Convoqué par la police, Coplan s’y rend et retrouve une vieille connaissance l’ex-capitaine Kattenhorst de l’armée allemande qui travaille à la solde de l’Inde et dont la position permettra à Coplan de stopper un effarant complot où il n’est rien moins question que de faire exploser un missile atomique sur New Delhi. Ce qui amènerait une guerre entre l’Inde et
Ce roman est dédié par PAUL KENNY à « CHARLES NOEL MARTIN dont la compétence en Physique nucléaire et l’inépuisable bienveillance ont grandement facilité la construction de ce récit… Avec toute mon amitié ». Ajoutons, enfin, concernant CHARLES NOEL MARTIN qu’il a laissé un ouvrage inédit : Mémoires d’un Atomiste, écrit vers 1988 et qui explique ses positions courageuses et risquées sur l’atome, positions qui firent du bruit à leur époque (1955-1960), assez pour l’inquiéter et obtenir la protection du général De Gaulle ; cet ouvrage devrait intéresser les éditeurs avisés. De plus, il avait traduit, outre les romans d’Edgar Rice Burroughs (Albin Michel), des romans de Sir HENRY RIDER HAGGARD qui n’ont jamais été publiés et notamment une trilogie consacrée à ALLAN QUATERMAIN qui reste inédite en France ainsi que Le Trésor du Lac quatrième et dernier volet de la série consacrée aux Aztèques (
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Ce Complot pour demain (n°629, 1967) commence à Santiago du Chili où l’on voit un trio de jeunes gens menacer à demeure un docteur qui poursuit des recherches dans le domaine des techniques anticonceptionnelles pour lui extorquer sa méthode. Puis il se poursuit en France avec un viol collectif mais la victime n’est pas aussi hostile que ses assaillants peuvent le croire : en fait c’est un piège qu’on leur a préparé. Partant de là et après le vol d’un document confidentiel dans le local syndical d’une entreprise, on découvre que l’enquête de l’agent FX 18 va le mener via son supérieur, directeur du S.D.E.C.E., sur la piste d’un marchand de cerveaux suspect, Larry Evans. Le Vieux veut savoir s’il est en cheville ou non avec les services de Washington pour recruter de jeunes et brillants chercheurs français prêts à partir pour l’étranger. Donc voici COPLAN en route pour la superbe Majorque (ça c’est le côté exotique avec de belles filles) où doit se dérouler le dénouement partiel de cette affaire lorsque Larry Evans en pleine activité va être assassiné sous ses yeux et avant même qu’il ait pu faire quoique ce soit. De retour en France où le mystère sera résolu, Coplan découvrira une organisation mondiale très puissante travaillant pour l’avenir, par-dessus les nations, ce qui était très utopique pour l’époque. Mais enfin, à la veille de mai 1968, on peut penser que PAUL KENNY avait le droit d’envisager ce genre de perspective pour notre avenir. A l’heure, où l’on voit notre pays tenter de s’emparer des cerveaux de la jeune Afrique en leur promettant de les renvoyer dans leurs pays respectifs après un certain temps passé en France, on peut être sceptique sur l’aboutissement de ce complot et sur l’optimisme de PAUL KENNY.
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Beaucoup d’affaires de COPLAN sont en relation avec les secrets de l’énergie atomique dans le début des années 60. Afin d’éclaircir l’authenticité de documents qui ont échoué entre les mains de l’Agent FX 18, PAUL KENNY lui fait rencontrer l’honorable scientifique qu’est JACQUES BERGIER (Indicatif FX 18, n°381, 1963). Je ne résiste pas à vous communiquer le texte de la rencontre (P. 182). On y verra comment l’auteur imagine cette consultation entre un personnage fictif et un personnage réel et comment il s’implique lui-même dans les lieux pour expliquer comment il connaît le restaurant en question…« Le lendemain, à 13 heures, Coplan et Jacques Bergier se rencontraient au restaurant RUC du Palais Royal.
Bergier, sa serviette sous le bras, ressemblait plus que jamais au célèbre professeur Tournesol si bien imaginé par Hergé.
- Je vous croyais au Pérou, dit-il en serrant la main de Francis et en examinant celui-ci de ses yeux vifs et mobiles derrière ses lunettes. C’est notre ami Kenny qui m’a raconté cela, nous avons déjeuné ensemble, ici-même, il y a une quinzaine de jours.
- C’était peut-être vrai à l’époque, répondit Coplan, souriant. Heureusement, je ne me trouve jamais à l’endroit où je suis censé me trouver… Voyons d’abord le menu…
Bergier, supersonique en toute chose, fixa son choix en moins de quatre secondes. Le maître-d’hôtel eut quelques peines à le suivre. Coplan pesa plus longuement la composition de son repas.
Après le départ du maître-d’hôtel, Coplan demanda à son ami :
- Quelle est actuellement la principale de vos deux mille activités simultanées ?
- Je m'occupe d'une encyclopédie... Vaste, passionnante !
- Excellent terrain de manœuvre pour votre cerveau planétaire !... A propos, merci d’avoir accepté si promptement mon invitation. Elle n’est pas désintéressée, vous vous en doutez ?
- Je l’espère bien. J’ai horreur de perdre mon temps. De quoi s’agit-il ?
- Je me trouve devant un problème que je n’avais pas encore rencontré au cours de ma carrière… Un quidam désire vendre des informations scientifiques à
Coplan extirpa de sa poche les épreuves 18 X 24 qu’il avait plié en deux pour les transporter plus facilement.
- Voici les agrandissements de quatre micro-fiches que le vendeur nous propose.
Jacques Bergier ajusta ses lunettes, parcourut les photos à la vitesse d’une tête liseuse électronique.
- Bien … très bon … très bon … mais ce n’est qu’une amorce… une amorce qui indique des renseignements ultérieurs … Oui, une amorce très intéressante… Trois ou quatre années de tâtonnement à gagner, des milliards d’économies…
Il leva ses yeux vers Francis :
- Vous n’avez pas la suite ?
- Non.
- Dommage… oui, dommage… Ceci, c’est un fragment dont la totalité nous donnerait la composition des barrières des diffuseurs utilisés dans les usines de séparation isotopiques. C’est formidable mais incomplet également : système de fixation des barrières à l’intérieur des diffuseurs… Oui… Oui… voici des équations relatives à la vitesse de diffusion…
Il regarda une dernière fois les quatre agrandissements, les regroupa, les plia pour les restituer à Coplan.
- C’est très valable, conclut-il. Et si vous êtes en mesure d’obtenir la suite, cela vaut des fortunes… Vous n’avez pas montré cela au ministre de
- Non. Personne encore n’a vu ces clichés en France.
- Votre vendeur a dû piquer ces renseignements aux Etats-Unis. Ce sont des informations qui font partie des secrets atomiques que Washington refuse de nous communiquer en vertu de la loi Mac Mahon. A votre place, Coplan, je ne raterais pas l’occasion.
- Merci, mon cher Jacques, murmura Francis, mi-figue, mi-raisin. Je ne demande qu’à suivre votre conseil. Malheureusement, comme j’ignore l’adresse de ce Steve Johnson, je ne suis nulle part… A propos, vous qui savez tout ou presque tout, ce nom ne vous dit rien, par hasard ?
- Si, ça me dit quelque chose, Steve Johnson est le nom d’un personnage de science-fiction… C’est un roman américain des années 50-51… C’est l’histoire d’un savant qui a fait naufrage et qui enferme ses secrets dans une bouteille qu’il jette à la mer… En réalité, vous trouverez au moins dix mille Steve Johnson en Grande-Bretagne, sans compter ceux du Commonwealth… »
On le voit les idées de Jacques Bergier à cette époque n’étaient pas très favorables aux Américains et encore moins aux Russes ; les américains refusaient la communication des secrets atomiques à
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Dans mon livre, Jacques Bergier résistant et scribe des miracles (Mnh/Anthropos, 2002), j’écrivais : « Jacques Bergier s’était rendu compte qu’une littérature avait un énorme public qui n’était pas celui de la revue (PLANETE) : celle des récits d’espionnage dont près de 100 millions de livres avaient été vendus rien qu’aux Editions FLEUVE NOIR entre 1955 et 1965. Jacques Bergier pensait que la désaffection des Français envers les journaux, qui leur avaient menti lors des désastres de l’armée française en 1940, les portaient à lire des romans d’espionnage dont les histoires étaient, croyaient-ils, véridiques et faisaient état des véritables dessous de la guerre. Il introduisit donc de tels récits dans la revue (PLANETE) dont il était persuadé qu’elle pouvait être ainsi sauvée… » Plus loin, j’ajoute : « En juillet (1970), les Editions OPTA, qui semblaient lui avoir accordé une oreille plus attentive que les Editions RETZ lançaient la revue ESPIONNAGE. Entreprise surprenante à première vue si l’on songe qu’il n’y en avait jamais eu avant et qu’il n’y en eu plus après mais qui montrait que Jacques Bergier avait de la suite dans les idées : « Certains pensent que l’espionnage est un monde à part, lointain et sans rapport avec notre vie quotidienne. Or, nous sommes sans le savoir l’enjeu permanent de la guerre subversive… » Il reprendra d’ailleurs cette phrase en tête de la revue où il développe cette idée de la constante de la présence de ce combat. On le voit le manifeste est toujours d’actualité surtout depuis le développement du terrorisme et l’on comprend qu’il ait tenu à cœur à l’auteur …
Si l’on admet que les succès du FLEUVE NOIR ont fasciné Jacques Bergier face à la déroute de PLANETE, on peut comprendre l’entreprise mais il faut ajouter que le père du réalisme fantastique était déjà lui-même un espion…avant-guerre et qu’il s’était décidé à partir dans le midi pour continuer sa résistance contre les Allemands.
A son retour des camps, auréolé de nombreuses décorations attribuées par les anglais, les américains et les polonais, il sera placé par le général DE GAULLE à la tête des services d’espionnage extérieurs pour les réorganiser. En 1950, il quitta
La revue ESPIONNAGE avait donc à sa tête Jacques Bergier, directeur et rédacteur en chef entouré de trois amis : Pierre Nord, Gabriel Véraldi et Georges Lagelaan, tous trois bien connus pour leurs divers écrits. Divisée en trois parties, elle comprenait des études et commentaires faits par de spécialistes, des nouvelles et enfin une partie critique concernant les livres et les films. Le programme était séduisant mais contrairement à ce que pensait son créateur la revue n’alla pas très loin malgré un remaniement qui fut annoncé au numéro 9. Avec ce numéro, la signature de Jacques Bergier disparut (il fut remplacé par Daniel Domange) et la revue elle-même disparut à son tour quelques semaines plus tard avec son numéro 15, après avoir annoncé dans son numéro 14, la mort de son directeur Daniel Domange.
Jacques Bergier s’était-il fourvoyé ? En fait, je crois que ce qui plaisait beaucoup aux lecteurs, c’étaient les aventures vécues par les espions dans des cadres exotiques et il aurait mieux valu publier pour amorcer la revue uniquement des récits d’auteurs connus sans appareil critique ni historique. Bref, il y avait un public mais il n’était pas le bon. Ajoutez à cela, que la vogue d’écrivains tels que John LE CARRE et Len DEIGHTON qui succédaient à Ian FLEMING (le père de James Bond) et qui jetaient un œil critique sur l’intérieur de la maison et sa psychologie se précisait de plus en plus et vous aurez une explication de l’échec du magicien. Il n’en reste pas moins qu’avec ses livres de dénonciation sur l’horreur du nazisme et ses Admirations, ses livres d’espionnage sont ceux qui auront le plus de chance de passer à la postérité car ils expliquent avec une dureté et une précision historique tout notre monde actuel. Il serait bon de les rééditer, à l’heure du 30e anniversaire de sa mort, avec des appareils conséquents faits par des historiens et des spécialistes du renseignement. On y découvrirait certainement des choses surprenantes !!!
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