mercredi 24 août 2011
SCIENCE FICTION : VOLS DE DOCUMENTS
Suite à une série de vols dans mon bureau et dans ma bibliothèque, j'informe ma famille et mes amis des vols récents suivants qui ont eu lieu dans mon appartement :
1° A la demande d'un de mes correspondants qui comptait les utiliser pour un livre d'interview de PHILIP K. DICK, je me suis mis à rechercher les photos demandées. Je me suis rendu compte qu'une grande partie de celles-ci manquaient car elles étaient regroupées, toutes, dans un sac en plastique. Il s'agissait des photos faites pendant les festivals de METZ en 1976 et 1977, des photos faites à DUBLIN (1978) pendant la WORLD SF où étaient invités ALFRED BESTER, MARGARET SAINT CLAIR, BRIAN ALDISS, HARRY HARRISON, ELISABETH GILLES, MARIANNE LECOMTE et PIERRE BARBET..., des photos faites à CERISY-LA-SALLE (1978) pour le colloque JULES VERNE (essentiellement les photos de RAY BRADBURY lors de sa venue en France), des photos faites à YVERDON (Suisse) VERSINS, BRANTONNE, PIERRE K. REY, etc... pendant la Cinquième Convention nationale française en 1978.
A METZ, en 1976, étaient présents un grand nombre d'écrivains américains, anglais et européens parmi les plus célèbres, tous invités par l'organisateur PHILIPPE HUPP et par la Municipalité : J'ai photographié la totalité des invités, j'ai photographié PHILIP JOSE FARMER de profil (cette photo publiée dénoncera à elle seule l'auteur du vol car son profil léonin est remarquable et elle est prise dans une rue célèbre de Metz qui va vers la cathédrale), THEODORE STURGEON, ROBERT SHECKLEY, HARRY HARRISON, CHRISTOPHER PRIEST, LISA TUTLE, PIERRE VERSINS, PHILIPPE GOY, PIERRE PELOT, RICHARD D. NOLANE, JEAN-GASTON VANDEL (PAUL KENNY), cette dernière photo est la seule à avoir été publiée sur ce blog, etc....
Des photos des BOGDANOFF à leurs débuts (ils venaient de publier CLEFS POUR LA SF) ont été aussi dérobées; la totalité des photos et des négatifs ont été emportés, volées avec la volonté de me nuire car c'est à ma mémoire de chroniqueur de la SF qu'on s'attaque en même temps qu'on va priver les lecteurs de SF de leur diffusion sur Internet.
2° A l'occasion de ces recherches, je me suis aperçu qu'on m'avait dérobé un dossier très important sur la publicité au FLEUVE NOIR dont je voulais faire un article ! J'ai passé de très nombreuses années à constituer ce dossier, mois après mois, et il était composé aussi bien d'affichettes que de catalogues illustrés par BRANTONNE ou de publicités insérées en encart dans les livres du FLEUVE NOIR, ainsi que des lettres d'annonce de collections. Un petit nombre de bulletins d'information que j'ai pu récupérer au fil du temps a aussi été dérobés. Toutes ces pièces ne seront donc pas diffusées sur ce blog ou sur internet.
3° La publicité chez OPTA m'a aussi été dérobée. Chaque volume du Club d'Anticipation était précédé d'une lettre notice pour annoncer la publication des romans de SF. Chaque lettre était aussi accompagnée d'un catalogue.
4° Au fil des ans, un nombre incalculable de documents sur JACQUES BERGIER, de revues américaines TWILIGHT ZONE, sur les pulps américains, des livres autographiés, des index américains sur la SF ont aussi été dérobés sans compter les albums de bandes dessinées fort anciens très prisés chez les collectionneurs maniaques de notre époque.
5° J'informe que je poursuivrais en justice non seulement ceux qui auront dérobé ces pièces d'archives mais aussi les éditeurs qui ne se seraient pas préoccupés de leur origine. J'attends des voleurs qu'ils me restituent tous ces documents mais aussi les photos et correspondances privées relatives à mon père qui m'ont été volées sciemment ainsi que les photos concernant l'enfance de ma nièce Dominique qui m'ont été volées par la même occasion. Charles Moreau,
Avignon le 24 Aout 2011.
1976 - Metz, festival et convention nationale française du jeudi 27 au dimanche 30 mai (compte rendu dans la revue SPIRALE n°5.
1977 - Metz, festival international du 24-9-1977 (Dick, Zelazny et Ellison)
1978 - Dublin World sf du 23 au 25 juin (compte rendu de 8 pages)
1978 - Cerisy-la-Salle : colloque Jules Verne (photos de Ray Bradbury)
1978 - Yverdon, 5e convention nationale française.
on peut me joindre à l'e-mail suivant : charlesjmoreau@hotmail.com
lundi 28 juin 2010
RINO FERRARI Bio-bibliographie
RINO FERRARI (1911-1986)
Ses maîtres seront Adolfo Vildt, Francesco Messina et Giuseppe (?) Marchini. Vildt qui vit sur le palier de l'appartement de Ferrari le conseillera et l'aidera à s'orienter vers la sculpture. Ferrari apprend le dessin avant de devenir sculpteur, on peut se passer du dessin pour peindre mais pas pour être sculpteur.
A peine diplômé, en 1938, il sera même presque embarqué dans l'immense projet Mussolinien du E42, pour remodeler Rome. Il découvre par la même occasion, le monde peint de la ville du cinéma, Cinecitta. On y a besoin de peintres et de portraitistes. Il y apprendra beaucoup. La guerre arrivant, elle balaiera le gigantesque projet du modelage de la ville de Rome. Mais Cinecitta lui aura fait découvrir le journalisme et l'illustration. L'illustration et le journalisme sont inséparables.
En 1942, le 9 avril, il se marie à Paderno Osselaro, avec sa compagne de toujours Giulia Valentina Giovanna Somenzi, un peu plus jeune que lui (elle est née le 28 janvier 1915 à Paderno Ponchielli) et a suivi le même parcourt artistique que lui.
En 1943, il est appelé sous les drapeaux en qualité de lieutenant d'infanterie. Puis il est envoyé à Rome où il travaillera au Ministère de la Marine pour collaborer au "Recrutement de la Mer".
Il commence à travailler pour plusieurs journaux dont le Marc'Aurelio et la Tribuna Illustrata comme 2e peintre. A Milan, il donne aussi des planches à la Domenica del Corriere. En 1945, il revient dans son pays de Paderno et organise la résistance. Il participe à la Libération de son pays.
En 1946, il succède en tant qu'illustrateur principal de la Domenica del Corriere à Walter Molino compromis par ses prises de position en faveur du fascisme. Giulia estime que Molino est plus victime que coupable. Le style de Ferrari est plus vivant, plus nerveux que celui de Molino et il a un plus grand sens du mouvement. Son travail consiste à illustrer dans le format tabloïd la première et la dernière couverture du journal et parfois, quelques illustrations intérieures.
En 1947, il part pour Paris, avec l'idée de faire carrière en Amérique. Il visite d'abord le Louvre puis les grandes capitales artistiques, Londres, Bruxelles, Bruges et Gand. Il revient à Paris un peu plus tard et s'y installe faute d'argent pour partir.
En fait, il n'ira jamais s'installer aux Etats-Unis. Il est considéré comme résident en France à partir à partir du 9 juillet 1949 et il obtiendra une carte de résident ordinaire à partir du 13 mars 1951. Il cherche du travail et fait la connaissance d'un jeune éditeur qui lui propose d'illustrer la première page de son journal RADAR, un hebdomadaire spécialisé dans le fait divers et l'actualité, un peu comme le sont les tabloids italiens. Mais là, le journal est deux fois plus grand. Le format de RADAR est favorable aux lavis de Rino Ferrari qu'il met largement en valeur. Il débute avec le numéro 24 du 24 juillet 1949. Durant des semaines et des années, il va fasciner la France entière. Il illustre avec un réalisme incroyable toutes les situations impossibles qui tournent autour des accidents et même de la politique. Rien ne lui échappe dans le dramatique, ni une station avant la mort, ni la préparation d'un attentat ou l'affut d'un fauve près de s'élancer sur sa proie... Quelques semaines plus tard, à partir du numéro 35, il est chargé de la bande dessinée au format d'une page à l'intérieur du journal. Il succède à Andréas Rosemberg avec une aventure exotique : Le Destin est à bord (scénario de G. Constant). D'une manière générale il fait preuve d'esprit d'innovation et dans l'utilisation du lavis et dans le cadrage de la page. Il illustrera aussi bien par la suite des romans historiques ou des romans d'aventures maritimes... montrant que dans tous les genres il aime se documenter avec beaucoup de précision.
C'est le début d'une très longue collaboration dans laquelle il passera avec talent et en s'adaptant à chaque fois d'un journal à l'autre. Il fera des illustrations pour Détective, des illustrations de couverture pour Rêves (à partir du n°189, 9 février 1950), tout cela en surcroit à son travail pour Radar. Ce travail supplémentaire nécessite une documentation sérieuse dans le domaine de la mode féminine et Giulia est là qui lui est d'une aide précieuse. Rêves est toujours un journal assez recherché à l'heure actuelle pour ses toilettes féminines sur toute cette période.
Dans le même temps, il travaille toujours pour la Domenica del Corriere et pour les éditions Impéria pour lesquelles, il réalise de merveilleuses couvertures où les chevaux et les indiens sont légions. Les illustrations sont toujours criantes de vérité et de réalisme. Ferrari adore les chevaux et il n'aura jamais de cesse de les dessiner et de les peindre quand ce n'est pas de les sculpter jusqu'à sa mort.
En 1953, l'œil acéré de Rino Ferrari lui fait embraser une scène tout entière et il peut la rendre comme s'il l'avait photographiée. Dans un vaste panoramique, il reproduira tout un tribunal sur une page et demie de Radar dans une composition que lui seul pouvait capturer d'une manière aussi complète et saisissante. A l'époque, nul ne pouvait photographier un procès dans un tribunal. Mais le travail de Ferrari est encore plus conséquent que celui d'une photo car il fige dans leur totalité les acteurs de ce procès dément. Chaque personnage est pris dans son rôle et rien n'échappe à Ferrari.
Fin mai 1953, toute l'équipe de Radar se rend à Londres pour le couronnement d'Elisabeth II à Westminster. Les deux pages de couverture de Radar montrant la nouvelle reine couronnée dans sa tenue d'apparat sont tirées en couleurs dans le numéro 220 du 7 juin 1953 signée par Rino Ferrari. Il a obtenu une autorisation pour faire des esquisses des joyaux de la couronne dont la princesse va être parée. Le numéro est tiré à 1000000 d'exemplaires.
En mai 1954, la bande dessinée d'une page à l'intérieur du journal est suspendue. Il y aura un roman qu'il illustrera d'un seul superbe dessin, romantique en général. Il commence avec La Reine des Galapagos de Robert Gaillard (n°274, 9-5-1974 au n°285 du 25-7-1954).
Voici les bandes dessinées qu'il a données dans Radar au fil des années :
- Le Destin est à bord (n°35 du 9-10-1947 au 54 du 21-2-1950 Scénario de G. Constant.
- Les Portes du désert (n°55 du 26-2-1950 au 68 du 27-5-1950 S. d'après Jean Martet.
- Les Amants de Venise (n°69 du 4-6-1950 au 98 du 24-12-1950 S. d'après Michel Zevaco.
- L'Homme de la Jamaïque (n°99 du 31-12-1950 au 110 du 19-3-1951) S. d'après Robert Gaillard.
- Belle Ardente (n°111 du 22-3-1951 au 133 du 26-8-1951) S. d'après Francis Didelot
- Le Poignard de la Reine (n°147 du 2-12-1951 au 163 du 23-3-1952) S. d'après Georges St. Bonnet.
- Les Passagers de l'Albatros (n°164 du 30-3-1952 au 191 du 5-11-1952) S. de James Warner Bellah.
- Lola Montès, la Danseuse ensorcelée (n°220 du 26-4-1953 au 237 du 23-8-1953) S. de Dominique Chantal.
- El Salteador (n°238 du 30-8-1953 au 255 du 27-12-1955) S. d'Etienne Hervier d'après A. Dumas.
- Les Amants de Carnac (n°257 du 10-1-1954 au n°273 du 2- 5-1954 S. d'E. Hervier d'après Eugène Sue.
Au total, Rino Ferrari aura exécuté 191 planches d'octobre 1947 à mai 1954.
Le 27 février 1955, Rino Ferrari revient à la bande dessinée dans le numéro 313 de Radar avec Rex, Gentleman mystérieux. Cette bande dessinée sera reprise un peu plus tard par l'excellent Paul Gillon, le dessinateur des Naufragés du temps.
En 1956, le 7 octobre (n°400), la couleur apparait à la une de Radar dans un premier essai sur les lavis de la première page dessinée par Rino Ferrari. C'est le rose qui domine prélude aux lavis en couleurs qui apparaitront à partir du 10 février 1957 avec le numéro 418. En fait, c'est déjà le chant du cygne pour le grand journal déjà fortement concurrencé par Paris Match qui existe depuis le 25 mars 1949 au format plus pratique.
En 1959, pour Radar, c'est le déclin et pour Ferrari, il est évincé de la première page au profit des photos. Mais son travail a été remarqué depuis longtemps par l'Italien Cino del Duca.
Il entre officiellement au service du bouillant éditeur après avoir quitter l'écurie d'André Beyler qui se tourne (aux dire de son illustrateur) plus vers le domaine politique que vers celui de l'information. Radar change de format le 6 novembre 1959 avec le numéro 561. La rupture avec Ferrari est pratiquement consommée.
Le grand illustrateur a, cependant, un solide bilan à son actif : plusieurs centaines de couvertures publiées tant en France que dans son pays d'origine, l'Italie a qui il donne toujours ses meilleures illustrations et qui paraissent toujours dans la Domenica del Corrière.
Le 11 novembre 1959, Rino Ferrari (1) obtient la première page du tout nouveau magazine hebdomadaire, Lui, que lance le roi de la presse féminine. Cette tentative va durer quelques semaines et s'achever avec le numéro 26 au cours du second semestre de l'année. Outre la une de Lui, il a aussi obtenu l'entière dernière page du magazine qui elle aussi est en quadrichromie.
Ce nouveau magazine n'aura rien à voir avec celui qui sera lancé quelques mois plus tard et plus axé sur les photos de pin-up ravageuses. Il est toujours dans le style de l'information à base de faits divers surprenants et criminels. De plus, à l'intérieur, un portefolio de deux pages intitulé
"Le Photographe n'était pas là" illustre en quatre ou cinq images des faits divers dont l'illustrateur s'est fait une spécialité et qui moque son travail pour Radar du temps où il y régnait. Pour parachever le tout, il y signe une bande dessinée bien dans sa manière illustrant un roman de Michel Zévaco, Primerose et la Reine d'Argot (non signée). Lorsque Lui s'arrête avec le numéro 26, le travail de Ferrari est transféré vers un autre magazine des éditions Mondiales, Festival. Lui sera indiqué en sous-titre de ce magazine plus porté vers le cinéma que Lui sous sa première formule où dominaient encore le fait divers et le romanesque. Ferrari y pousuivra sa rubrique pour "Le photographe n'était pas là". Primerose s'achèvera dans Festival. Cependant, Del Ducca ne s'est pas contenté d'utiliser l'illustrateur dans son nouveau magazine, il lui a aussi ouvert les portes de son plus célèbre magazine féminin Nous Deux.
Dès le numéro 616 (mars 1959), la signature de Ferrari apparaît et fait une entrée fracassante avec une pleine page en couleur intitulée : "C'est arrivé hier!" qui illustrera encore un fait divers. Il fournira cette rubrique jusqu'au n° 624 (2e tri. 1959). Et le même phénomène qui s'était produit dans Radar se reproduit dans Nous Deux, immédiatement il fait une illustration pour un roman historique de Paul Alpérine, Agnès mon doux Cœur, qui se déroule aux Indes françaises, au XVIIIe siècle.
Pour compenser, Del Duca lui demande d'illustrer des histoires d'aventurières célèbres sur des scénarii d'Alain St Sauvan dans son quotidien Paris Jour qui vient juste de succéder à Paris Journal en 1959. Quelques unes sont signées mais d'autres non qui sont bien de sa facture.
Scénarii d'Alain St Sauvant :
- Anne Boni et Marie Read du 14-11-1961 au 24-01-1962 (81 bq)
- Charlotte Merange (1793) du 25-01-1962 au 29-03-1962 (63 bq)
- Gaétane de Faiste-Croquart du 30-03-1962 au 04-05-1962 (36 bq)
Scénariste et dessinateur non indiqués :
- Les derniers Jours de Pompéi du 08-03-1967 au 15-07-1967 (92 bq)
- La Grande Aurore du 16-07-1967 au 13-10-1967
- La fille du Roi Arthur du 14-10-1967 au 12-1967
- La Favorite du Tsar du 23-03-1968 au 31-05-1968
- L'Esclave de Venise du 05-02-1970 au 29-04-1970 (71bq)
(Cette liste est fort certainement incomplète et fait état de mes seules recherches)
Rino Ferrari illustrera, en outre, magnifiquement de 1963 à 1976 des contes et des romans pour enfants, Le Petit Poucet, Le Chat Botté, Alice au Pays des Merveilles, etc... qui paraitront dans le supplément Pour vous Madame du Journal féminin Mode de Paris (Editions mondiales). Ces mêmes contes sont paru chez Fabbri en Italie.
Dès lors, le peintre sculpteur se consacrera à la réalisation de son grand œuvre. Il aspire surtout à la reconnaissance de son talent de sculpteur. Et veut travailler sur des oeuvres littéraires majeures qui l'ont fascinées. Il veut oublier tout ce qui le relie au travail sur le fait divers, ou sur les romans populaires ou sur l'imagerie qu'on lui réclame depuis des années, bref sur sa production journalistique. Ce qui le fascine le plus en premier, c'est un des livres de La Divine Comédie de Dante : L'Enfer. Il a déclaré avoir passé quatre longues années à travailler sur quatre grandes illustrations, peignant avec un pinceau plus fin qu'une plume et grâce à une loupe. Le critique d'art, Waldemar George, préface l'exposition : "Les pôles d'attraction du peintre sont l'Art métaphysique (Pittura metafisica) et le Surréalisme (le premier Chirico) et Roger Otahi ajoute : "Aucun peintre auparavant n'avait risqué l'approche de La divine Comédie avec une accuité de vision aussi intense..." En 1964, il expose l'Enfer en Italie, à la Galerie Gussoni de Milan. Puis cette exposition part à Bergame, en 1967, chez La Torre. Et finalement, pour le 7e Centenaire de Dante, l'exposition est ouverte à la Bibliothèque Nationale de Madrid, en Espagne.
En 1968, il expose à Paris, à la Galerie Weil, avenue de Matignon, les tableaux des Sept Pêchés capitaux. Fin janvier 1969, Marcel Brion, membre de l'Académie française et brillant historien d'Art lui adresse une première lettre pour le féliciter de son travail. Le 28 février, l'Académicien lui en écrit une autre et le 24 avril, il lui déclare qu'il serait heureux d'associer son texte à ces images dans lesquelles il a exprimé avec force et éclat, la beauté visionnaire du plus inspiré des livres. Le 22 décembre, il expose chez Veil l'Apocalypse selon St. Jean. Cette dernière exposition sera transférée ensuite ches les pères dominicains de Bergame. Cette même année voit la sortie d'un autre hommage à Rino Ferrari rendu par Roger Otahi, intitulé Miroir du Fantastique (1969) . En fait, Otahi reconnait que c'est l'aboutissement de toutes les recherches de l'artiste et surtout du peintre sculpteur qui se trouve dans toutes ces expositions consacrées à La Divine Comédie et à la Bible (l'Appocalypse et les Sept Pêchés capitaux).
Le 21 novembre 1974, il expose six lithographies sur la ville de Bergame à la galerie Kefri. L'exposition dure jusqu'au 6 décembre.
En 1975, et peut-être même avant, il entame un travail immense, une commande pour des Editions d'art sur La Légende des Siècles de Victor Hugo. Il donne 70 illustrations en couleurs, dont une double planche, trente hors-textes, vingt quatre bandeaux et culs de lampe aux Editions Arts et Couleurs (Monte-Carlo. Encore une œuvre colossale et exemplaires. L'ouvrage paraît en trois énormes volumes de juin 1975 à juin 1976.
En 1976, Rino Ferrari réalise La Bible d'or en 40 médailles pour la Maison milanaise, Numiversale (Fabbri?). Une plaquette de Mario Muner (Crémone, 1976), rend encore hommage au talent magistral du sculpteur qui parvient à montrer à travers quarante visions de la femme à travers l'histoire de l'humanité combien elle est l'esprit et la chaire du monde.
En 1977, il expose Le Cantique des Créatures à l'occasion du 7e Centenaire de St. François d'Assise (Italie). Ferrari crée pour la circonstance une médaille pour commémorer l'évènement. On le voit la religion et la Bible ne sont pas les seuls centres d'intérêt du sculpteur. Il s'intéresse aussi aux chevaux depuis longtemps - il le montre à travers ses sculptures de l'animal équestre et à travers ses illustrations pour Impéria dont beaucoup montrent les chevaux en pleine action- et pour célébrer le superbe animal, il crée un grand nombre d'aquarelles hippiques dans lesquelles il magnifie les chevaux de courses. Il les exposera en 1983, à la Foire internationale du Cheval à Vérone deux années de suite ainsi qu'à Crémone.
En 1983, il peint toujours des aquarelles et réalise 36 illustrations pleine de ferveur sur L'Histoire incroyable de Bernadette à Lourdes. Ensuite, il s'attaque aux costumes régionaux de la même époque en France et il en fait une exposition à Bergame, le 17 novembre.
Sa dernière œuvre d'illustration sera Une vie de Jésus en 12 grandes tables et plusieurs plus petites sur le même thème. Elle ne paraîtra que de façon posthume.
Le 2 juin 1986, il vend son appartement parisien à un médecin. Mais le couple l'avait quitté quelques mois auparavant pour l'Italie car Rino Ferrari se savait malade.
Il meurt le 15 juillet 1986.
Charles Moreau (Avignon, mai 1986) copyright 2011.
(1) Un peu avant de se lancer dans Radar, il signe les couvertures et probablement les fascicules des six numéros de la Collection Accroche Coeur (février à juin 1949) qui sont des histoires d'amour destinées à un public féminin. Mais son contrat avec Nuit et Jour, dont le gérant est M. Beyler, l'oblige à la discrétion et à retirer sa signature définitivement de tout l'immense travail qu'il va poursuivre anonymement pour les petits fascicules des Editions Impéria qu'on peut compter par centaines, sinon par milliers et pour lesquelles il fournira des couvertures jusqu'en 1978. Lorsque j'ai rencontré Rino Ferrari, il ne mentionna en aucune façon ce travail dont j'ignorai l'existence bien que connaissant les fascicules en question. Ses couvertures superbes faisaient vendre des œuvres qui n'étaient pas toujours exemplaires. Et jamais Impéria ne remit en cause son contrat tacite avec lui, sachant quel grand artiste il était.
Cependant, et là, il me faut admettre que c'est une supposition risquée, je pense que les époux Ferrari, artistes tous deux issus du même moule et de la même Académie des Beaux Arts, travaillaient dans une parfaite osmose. Ce qui donne à leur œuvre cette importance et cette cohésion incontestable. Il faut bien admettre que la finesse et l'élégance de l'élément féminin est présent sous la signature Ferrari (voir Rêves et Nous Deux) comme la force de l'élément masculin à travers les descriptions de bagarres, de chevaux et d'indiens où le sens du mouvement est présent partout. C'est un travail qui demande une recherche incessante même pour les plus modestes effets pendant des années et des années avec la même maîtrise remarquable. Je ne me risquerai pas au-delà.
mardi 22 juin 2010
RINO FERRARI
ENTRETIEN AVEC RINO FERRARI
(Réalisé le 20 Mai 1980 de 15 H à 16H45)
(Autoportrait de Rino Ferrari, 1946)
Je lui avais écris les 9 et 13 mai en lui demandant de le rencontrer et en lui adressant un questionnaire qui tournait autour du journal Radar dont les superbes « unes » faites au lavis en noir et blanc et en quadrichromie me fascinaient beaucoup. Il y avait un tel coup de main et une telle expérience dans le dessin qu’on ne pouvait pas le quitter des yeux. Chaque œuvre était inédite et donnait de la réalité un aspect différent. Il y avait aussi une maitrise totale de l’anatomie et de la perspective dans chacune des illustrations. Et ces deux techniques étaient sans faille chez l’artiste d’une illustration à l’autre, d’un lavis à l’autre, que ce soit dans le fait divers ou dans la bande dessinée qu’il illustrait avec un charme et une vigueur toute particulière.
Rino Ferrari était alors en Italie et mon premier coup de téléphone chez lui me trouva en présence de la gardienne de l’appartement qui me permit de lui écrire dans son pays d’origine en me communiquant son adresse. Lorsque je me présentais à son appartement, je remarquais en la franchissant la lourde porte blindée qui protégeait son appartement. Il m’accueillit simplement et me présenta son épouse Giulia. Je lui demandais si je pouvais réaliser l’entretien en l’enregistrant. Il secoua la tête et ajouta que je ne pouvais pas prendre de notes. Ça n’allait pas être facile et je ne m’attendais pas, moi qui avais fait pas mal d’enregistrements d’écrivains, à me trouver devant pareil problème. Aujourd’hui, encore, je le regrette car je ne me souviens plus du détail de sa voix.
C’est donc à ma mémoire de l’époque qui était meilleure que celle d’à présent et aux notes que je m’empressais de transposer sur le papier immédiatement en rentrant à mon hôtel que l’on doit cet entretien.
Rino Ferrari était un homme puissant qui avait dans les soixante dix ans à l’époque et son regard, encore direct, était très scrutateur même derrière ses lunettes. Ses cheveux coiffés vers l’arrière dégageaient un front imposant et léonin. Il était au sommet de son art. Son épouse très avenante, Giulia, qui avait tout de la mater italienne contribua beaucoup à détendre l’atmosphère. En fait, je crois que Rino Ferrari n’aimais pas beaucoup les journalistes et même le contact avec les curieux de son œuvre comme je l’étais. J’entrepris studieusement de commencer à lui poser les questions que j’avais bien préparées sur Radar, questions que je lui avais d’ailleurs envoyées et sur son travail pour les journaux, lorsqu’il m’arrêta et me déclara que son vrai métier était peintre sculpteur et qu’il avait été formé depuis 1933 à la discipline de sculpteur par ses maîtres italiens, lorsqu’il était étudiant aux Beaux Arts à Milan, en Italie. L’un de ceux-ci d’ailleurs habitait sur le même palier que lui.
Les illustrations pour Radar et les autres revues auxquelles il avait participé pendant de longues années depuis son arrivée en France n’étaient qu’un pis-aller mais ne procédaient pas de la profondeur de son œuvre qui était bien sûr ailleurs dans la sculpture dont il avait fait dès sa jeunesse son ambition. Ainsi l’homme que j’admirais se révélait assez différent de celui que j’avais imaginé. Et si sur un plan ma déception était grande, je finis par découvrir par la suite qu’il était plus qu’un simple dessinateur de tranches de faits divers dans de terribles réalités pour Radar ou de représentations merveilleuses de l’amour que se vouaient les jeunes gens en se faisant les promesses du mariage, dans le magazine féminin Rêves. En fait, en y réfléchissant bien maintenant, ces réalités étaient présentes dans son œuvre majeure mais sous une haute forme de sophistication et à travers un moyen d’expression bien différent.
L’illustration, il l’avait pratiquée de 1945 à 1949 en Italie pour l’hebdomadaire,
Fin 1948, ayant amassé un petit pécule pour partir aux Etats-Unis, il entreprit d’abord de faire un voyage dans les capitales européennes de l’art. Il commença par Paris puis se dirigea vers la Belgique et les Pays-Bas. Il revint à PARIS et là faute d’argent suffisant pour payer son voyage en Amérique, il se fit engager au début de 1949, par un éditeur français qui cherchait un excellent illustrateur pour un grand journal qu’il venait de lancer, c’était Radar.
Il ne fait nul doute que le travail de Rino Ferrari intéressa au plus haut point André Beyler, assez peu satisfait d’un précédant illustrateur au style sans relief. Il signa donc à Ferrari un contrat avantageux, ce qui n’était pas toujours le cas avec tous ses journalistes. Il débuta donc à partir du numéro 24 du 24 juillet 1949. La scène s’intitulait « S.O.S Bagarre à bord de l’avion ». Il faut reconnaître que le C.46 plongeant vers une colline avec ses passagers hurlants à la suite d’une bagarre hystérique déclenchée par un passager est extraordinaire de vérité. Dans le même temps, il continuait son travail pour
Comme je lui demandai combien de temps, il lui fallait pour réaliser un lavis d’une grande page pour Radar, il me déclara qu’il lui fallait de cinq à six heures pour le terminer et le remettre au porteur cycliste qui le livrait au journal, situé au 8, boulevard Poissonnière. A ce moment-là, Giulia Ferrari qui vouait à son mari une grande admiration interrompit la conversation et entreprit de raconter une petite anecdote montrant la compréhension et la bonté de son époux. Du temps où il travaillait pour Radar, un garçon coursier venant de prendre livraison de sa planche la perdit en chemin. Affolé parce qu’il allait être renvoyé, il revint raconter à Rino Ferrari ce qu’il lui était arrivé. Bien lui en prit car Rino Ferrari intervint pour que le garçon ne soit pas puni et pour faire taire le rédacteur en chef, il exécuta de nouveau en cinq heures, le même travail pour que l’édition tombe en temps voulu. Poursuivant la conversation au sujet de la une de Radar, Rino Ferrari me dit que c’était un travail dur, une discipline à laquelle il lui avait fallu s’adapter car il fallait tout connaître et que tout soit précis jusque dans le moindre détail. Cela nécessitait donc une documentation immédiate et sans faille. Il fallait que cela soit fait avec scrupule et méthode pour aboutir à un lavis parfait. On le voit les journées de Rino Ferrari étaient bien pleines si l’on considère qu’il passait 5 à 6 autres heures pour faire la une de
À partir de ce moment-là, Rino Ferrari deviendra la véritable cheville ouvrière du succès de l’hebdomadaire. Son style très réaliste basé sur une documentation extrêmement précise est un véritable panoramique d’un drame définitif. Cette fascination pour le dessin de Rino Ferrari touchait tout le monde. Et lorsque je parle du journal et de son illustrateur à mes amis ou aux membres de ma famille, ils savent tous de quoi il retourne. Pour ce qui est des bandes dessinées si l’on tient compte de ce qui se faisait à l’époque on peut dire que leur mise en page était recherchée et presque hors de l’ordinaire puisque l’illustrateur pulvérisait le cadre traditionnel de la bande dessinée à chaque fois d’une manière différente.
Hier, tombant chez Virgin sur un dictionnaire de la bande dessinée tout récent, j’ai cherché en vain le nom de Ferrari. Il est vrai qu’à l’époque on ne vendait pas d’albums à la pelle…
Mais le travail ne manquait pas aux Editions Nuit et jour. André Beyler lui confia aussi la une du journal féminin Rêves avec des dessins conçus dans un tout autre esprit que celui de Radar. Le travail de Rino Ferrari donna d’une manière éclatante, toute la fraicheur attendue pour ce magazine. L’idée était de mettre en scène un éternel couple de jeunes tourtereaux habillés de vêtements à la mode de l’époque et Rino Ferrari le fit de 1952 à 1955 presque sans interruption chaque semaine.
Il me parla un peu d’André Beyler et reconnut que son patron était devenu très riche et qu’il avait acquis un immeuble tout entier au 14 boulevard de la Madeleine où il réinstalla sa maison d’édition. Il ajouta qu’il avait autour de lui une petite cour de flatteurs qui voulurent le lancer dans la politique et lui firent transformer l’aspect du journal. A partir de ce moment-là, Rino Ferrari se sentit libre de quitter Radar, ce qui se fit progressivement, et de travailler pour un autre éditeur.
Son talent avait fini d’ailleurs par attirer l’attention d’un grand amateur de bandes dessinées, un italien installé comme Ferrari, en France, l’éditeur Cino Del Duca qui ne l’oubliera pas quand Radar sera sur son déclin à la fin des années 50 et que le journal changera de formule et de format. Il proposera à Ferrari de travailler pour lui et lui ouvrira les portes de tous ses journaux. Il lui demandera d’illustrer dès 1959, le journal Lui qu’il venait de lancer (rien à voir avec le journal homonyme qui basera beaucoup plus tard son succès sur ses pin-up à la une) en lui fournissant les deux couvertures de ce journal qui hélas fut éphémère, il exécutera environ une trentaine de superbes couvertures, il lui accordera aussi une page dans l’hebdomadaire Nous Deux où il dessinera des faits divers plus légers que ceux de Radar, sous une rubrique intitulée « C’est arrivé, hier », encore en 1959, et enfin, il lui demandera d’illustrer des Contes pour enfants, tel que Le Petit Poucet et les Contes de Perrault que les jeunes français découvriront quelques mois après les petits italiens dans les superbes albums des Editions Fabbri et plus tard encore dans les volumes des Editions de Paris.
Enfin, toujours vers la fin de l’année 1961, Rino Ferrari aura aussi ses entrées dans le le quotidien Paris Jour du grand éditeur avec ses bandes dessinées verticales dans une série historique sans titre précis mais consacré à des destins plus ou moins tragiques de femmes amoureuses.
Cependant, Rino Ferrari reconnut à propos de Cino Del Duca que bien qu’il fut très généreux puisqu’il était très riche, il pouvait avoir un tas d’idées et en changer souvent, ce qui l’amenait à demander des modifications alors que le travail était terminé. Ce qui me fit penser que les relations entre les deux hommes n’avaient pas été toujours au beau fixe. Sur sa manière de travailler, Rino Ferrari déclara aussi qu’il y avait vraiment un phénomène à étudier dans la création artistique, par exemple, quand il imaginait la scène qu’il avait à illustrer, il devait la voir d’une manière floue jusqu’à ce qu’elle se précise avec de plus en plus de netteté et jusqu’à ce qu’il soit en mesure d’exécuter le travail en toute liberté. Toujours au sujet de son travail, il précisa qu’il se documentait d’une manière très précise et son épouse, artiste elle aussi, l’aidait en cherchant les modèles de voiture de l’époque ou les avions ou les monuments quand cela était nécessaire. Ce qui l’avait conduit à avoir une documentation énorme et à acheter toutes sortes de livres afin d’avoir le plus grand nombre de détail. Il travaillait avec des photographies quand il y en avait pour reconstituer un fait divers et en dernier ressort avec son imagination quand il n’y avait pas de documentation.
Il me cita en exemple la double page du couronnement de la reine d’Angleterre (n° 226 du 7 juin 1953). Il se rendit avec toute l’équipe du journal en Grande Bretagne. Il obtint une autorisation pour faire des esquisses des joyaux du couronnement d’Elisabeth d’Angleterre. Le tirage de ce journal parvint à atteindre le million !
Mais, en cette année 1980, Rino Ferrari me confirme qu’il ne travaille plus pour l’illustration. Il sculpte et travaille sur des bijoux et des médailles qu’il vend dans tous les pays du nord de l’Europe et pour l’Allemagne.
Une explication me fut fournie par Rino Ferrari à propos de la fin de son travail d’illustrateur pour les journaux de la Presse et sur sa décision de s’en retirer. Il s’était arrêté pour se lancer dans un travail très prenant qui lui demanda quatre années de 1964 à 1967 pour réaliser quatre grandes illustrations de L’Enfer de la Divine Comédie de Dante. Une grande partie de cette œuvre fut exécuté avec un pinceau plus fin qu’une plume. Il travaillait à la loupe sur des têtes pas plus grande qu’un cm. Il fallait faire les ombres portées de manière à ce que soit à l’agrandissement, soit à la réduction, le moindre détail soit reproduit avec la plus grande netteté.
Récemment, un grand éditeur français de Nice lui avait demandé d’illustrer pour une édition d’art une œuvre considérable de Victor Hugo, La Légende des Siècles, publiée en trois gros volumes.
Le Cabinet des médailles français lui avait demandé aussi d’exécuter des médailles commémoratives. En fait, il travaillait aussi bien à la réalisation de bijoux parfois à caractère religieux (tel ce Tau qu’il a fait pour le Cabinet du Quai Conti) qu’à caractère profane (tel ce pendentif représentant le signe du Sagittaire) pour un grand joailler Danois. Il a aussi travaillé sur des médailles pour la Suisse.
En cette année 1980, Rino Ferrari était parvenu au sommet de son art et dans les quelques six années qui lui restaient à vivre, il devait produire beaucoup dans le domaine qui lui est cher.
Je n’ai pas abordé dans cette interview un autre aspect de son travail pour les éditeurs de bandes dessinées, notamment pour les Editions Impéria, pour lesquelles il fit des centaines et des centaines d’illustrations pour les petits formats destinés à la jeunesse. C’est qu’en fait j’ignorais tout de cette activité au moment où je le rencontrai et comme il ne m’en parla pas, le sujet ne fut pas abordé. D’autant plus que cette activité soulignait son côté très prévoyant de diversification de ses productions dans le cas d’un mauvais coup dans son travail pour la presse. Et les évènements se chargèrent de prouver qu’il avait raison. Mais sauf au début de son travail pour cette maison d’édition, Impéria, à laquelle il donna de très belles illustrations, jamais il ne signa la moindre d’entre elles.
Puis le temps passa et la mort emporta Rino Ferrari en 1986 quelques temps après la vente de son appartement parisien. J’appris sa mort. J’écrivis à son épouse Giulia et j’entretins une correspondance dans laquelle elle me livra les informations que Rino Ferrari n’avait pas voulu me fournir à l’accueil quand je fis sa connaissance. Je vous les livrerai dans un futur épisode constitué par une bio-bibliographie de cet étonnant et grand artiste que fut Rino Ferrari.
Charles Moreau
Copyright juin 2010
vendredi 4 juin 2010
NUIT ET JOUR : un empire de presse de l'après-guerre

Une revue figurait dans ces publications, c’était Galaxie : « Pourquoi un éditeur de journaux publie-t-il tout d’un coup une revue d’Anticipation dont l’édition originale était américaine ? » Cette revue, je l’ai lue tous les mois pendant des années jusqu’à sa disparition, de 1953 à 1959.
Un livre récent du journaliste écrivain Martin Monestier, Faits-Divers, sous-titré Encyclopédie contemporaine et cocasse, 2004, qui frôle la malhonnêteté à certains égards et un article sur la presse contemporaine dans un volume de M. Louis Guéry, intitulé Visages de la Presse" (Editions Victoires, 2006) dont le moins que l’on puisse dire, c’est que l’un de ses visages était horriblement défiguré, ont tous deux attiré mon attention. Dans les deux cas, il y avait entre les prétentions affichées par les auteurs et les descriptions qu’ils donnaient de ces journaux, une telle distorsion que l’on ne pouvait qu’être forcé d’y porter un regard critique.
Le livre de Martin Monestier aurait pu être réussi, s’il était allé jusqu’au bout des choses. Mais après une entrée assez fouillée sur le plan littéraire du fait divers, il en entreprend le recensement systématique avec une volonté encyclopédique insuffisante, on ne sait trop à partir de quelles sources précises sur l’origine de ces faits divers. Le problème, c’est que pour rendre attrayant l’ouvrage, il plonge dans l’imagerie de deux journaux, Radar et Détective, qu’il regroupe sous forme d’une documentation intitulée pompeusement « Radar-Détective ». De ces deux journaux, il ne nous dit rien et n’en fait même pas une présentation historique. Mieux il encense un dessinateur en mettant ses dessins signés pleine page et s’empare, par ailleurs, des unes au lavis du seul et véritabledessinateur de Radar, le grand Rino Ferrari, en effaçant le bandeau titre du journal et la signature de l’artiste qui figurait toujours en bas de page sur plus de 600 numéros inoubliables (signalons que le journal atteignit près de 700 numéros). Je ne discuterai pas ici du talent de M. Di Marco, mais il faut reconnaître que celui de M. Ferrari était de loin le plus éclatant, le plus réussi plastiquement et le plus magistral. Lui voler une partie de son œuvre était impardonnable. Et je prouverai pourquoi.
Pour en venir à l’article de M. Guéry – en fait, c’est plutôt une notice faisant une description inexacte d’un journal que j’avais beaucoup aimé, Radar - , il donne dès sa première ligne une définition de cet hebdomadaire très péremptoire : « La presse d’épouvante, c’est Radar, un curieux journal ! » ... montrant par là qu’il ignore tout des origines du journal qui reprenait une formule qui, en France et en Italie, à la même époque et même à d’autres, faisait fortune avec par exemple un journal comme
J’éviterai de parler de l’article de WIKIPEDIA sur Radar qui est un tissu d’erreur avec une absence totale de recherche.
Après la guerre, il emprunte auprès d'une banque pour créer sa Société d'éditions le 11 janvier 1945 (Tribunal de Commerce du 10 janvier et Gazette du Palais du 10-12 janvier 1945). Sous la formule, Qui ? Le Magazine de l’énigme et de l’aventure, André Beyler publie dans un premier temps à partir du 16 mai 1946, 5 numéros surprenants reprenant des textes américains du grand William Irish, Robert Bloch, et même les premiers textes d’après guerre de Jacques Bergier (Où va la Télévision ?, n°1, 16 mai 1946, Fontaine de Jouvence, un article sur le fameux sérum du russe Bogomoletz (n°3, 13 juin 1946) etc… et des articles qui lui ont été cédés en même temps que le journal fondé en 1923 par Gallimard qui à la Libération préféra se débarrasser de ce journal qui lui valait de nombreuses critiques ; peu de temps après cet achat, André Beyler abandonne sa première formule et il publie le n°6 sous le titre de Qui, l’Hebdomadaire du fait divers le 1/8/1946 qui ne s’intéresse plus, lui, qu’aux faits divers policiers. L’aventure n’est plus à la une et les énigmes sont moins nombreuses, plus véridiques et tragiques. Entre temps, il rachète à la Sarl Rêves (gérant Pierre Roux), un journal féminin, Rêves qui avait débuté en mars 1946 et le relance la même année. Plus tard, avec l’aide financière de la Banque SAINT-PHALLE, il publiera un nouveau journal, Radar, le 13 février 1949 et en mars 1950, Horoscope, une revue qui existe encore aujourd’hui, ainsi qu’en novembre 1953, le magazine d’Anticipation dont je parlais plus haut, Galaxie.
Donc, ce jeune officier avait de l’ambition et même était assez visionnaire. Curieusement on peut faire un rapprochement de sa trajectoire journalistique avec celle de Maurice Renault dans le domaine de l’édition : on peut d’ailleurs penser que tous deux devaient peut-être bien se connaître ou tout au moins connaître leurs ambitions qui étaient presque similaires au départ et puis se diversifièrent rapidement l’une du coté littéraire, l’autre du coté journalistique. Ajoutons que la revue policière d’André Beyler parait le 16 mai 1946 bien avant Mystère Magazine qui ne paraitra qu’en 1948. Ajoutons encore que la revue Fiction, l’édition française du magazine américain Fantasy and Science Fiction que publient les Editions Opta de Maurice Renault, parait juste un mois plus tôt que Galaxie en octobre 1953. Cela fait beaucoup trop de coïncidences. On peut y voir l'influence peut-être de Jacques Bergier. Par ailleurs, Fiction aborde le genre avec beaucoup de prudence et prend ses références dans les classiques du fantastique français et étranger et de l’anticipation qu’elle veut aborder. Galaxie, édition du magazine américain Galaxy, pénètre de but en blanc dans la SF américaine sans prendre de gants et donne directement les chefs-d’œuvre du genre (Dans le Torrent des siècles de Clifford D. Simak et Les Cavernes d’Acier d’Isaac Asimov) même si les traductions laissent à désirer. Et elle continuera avec des romans extraordinaires d’Alfred Bester (Terminus les Etoiles) et de Frederick Pohl (Assurance pour l’Eternité, sous pseudonyme). Pour accentuer les choses, Maurice Renault avait depuis les années 20, une société de publicité, Opta, à laquelle il ajoutera après guerre, ses revues et ensuite des livres policiers et de science-fiction et André Beyler, de son côté, créera la sienne sous le label Nuit et jour.
Mais si à la libération, André Beyler édifie patiemment pendant quelques années son entreprise, il va jouer un rôle important dans le domaine de la presse, celui d’un trublion et arriver à une position surprenante pour défendre son empire.
Radar semble avoir été son œuvre majeure car il se focalisait dans l’actualité et en donnait une image vivante remarquable à un moment où il n’y avait pas la télévision. A cette époque, il était de mise de ne pas se moquer du monde et on trouvait lorsqu’on allait assister à une séance de cinéma, en première partie, avant les grands films, dans toutes les bonnes salles, non seulement des petits films d’aventures ou des Sérials américains (Aventures échevelées, serials policiers où dominait Boris Karloff, Westerns et même de l’Héroic Fantasy avec Galahad) mais aussi des actualités, (Gaumont, Pathé et Fox Movietone selon les salles) sur de grands évènements, sur des faits politiques, ainsi que des anecdotes sur les grandes vedettes de ce temps-là. Mais la Télévision était à venir qui allait détruire cet âge d’or.
Radar correspondait un peu sur le papier à l’équivalent cinématographique décrit ci-dessus. Il contenait de très nombreuses photos qui venaient du monde entier, de la politique, du fait divers extraordinaire, des histoires fabuleuses sur de grandes dames de l’époque, reine d’Angleterre, reines du cinéma et reines du Show-biz. Les héros, bien sûr, n’étaient pas oubliés. Ni les romans. Ni la bande dessinée qui avait son grand maître, Rino Ferrari.
En fait, Radar allait disparaître devant la concurrence de Paris-Match dont le premier numéro parait le 25 mars 1949 et un peu avant que les actualités cinématographiques ne soient supprimées à leur tour. Ces deux hebdomadaires étaient trop semblables et dans le grand combat qu’ils se livrèrent l’un des deux devaient s’en aller dans les années soixante. Lorsque Radar s’arrête en 1962, Galaxie a été supprimée en 1959 (là, c’est Maurice Renault qui a gagné en se diversifiant dans le domaine littéraire et en accordant de bons traducteurs à ses textes), l'empire d'André Beyler va être réduit à Horoscope qui marchera toujours bien, la crédulité des femmes ou des hommes comme on voudra fonctionnant toujours bien et à Détective qui basé sur le tragique de l’humanité depuis la mort d’Abel fascinera toujours un énorme public.
André Beyler se maria à Cudot dans l’Yonne le 14 décembre 1955 à Sara Micheline Sterkers qui allait lui être d’une puissante aide dans l’Administration de l’empire qu’il avait créé et qui demeura jusqu’à sa mort en 2009 la mémoire vive de l’entreprise. André Beyler est décédé le 24 août 1981, à Deauville (Calvados).
On ne peut pas quitter André Beyler, sans dire quelques mots de l’homme de presse. Peu après la Libération, une loi de 1947 créa les NMPP (voir sur Internet l’excellent ouvrage de M. Bernard Girard : Des Journaux plein les mains, sur l’Histoire des NMPP 1945-1990). Cet organisme était composé de cinq coopératives de presse et André Beyler prit sa place dans la cinquième,
André Beyler allait y mener un premier combat en maintenant un prix de vente de son journal Radar envers et contre tout au grand mécontentement de ses associés et au risque d’être accusé de dumping. Placé où il est, il protège ses journaux en s’assurant qu’ils ne manqueront pas de papier. C'est nécessaire car pour la bonne reproduction des photos Radar est un journal imprimé sur un papier de composition chimique particulière, fabriqué suivant des procédés spéciaux (Radar n°226 du 7 juin 1953, Couronnement d’Elisabeth ll.)Vers la fin de 1957, il se rend compte que Radar ne semble plus adapté à l’époque et il en change le format si bien qu’il ressemble plus à un frère jumeau de Paris Match, cet hebdomadaire qui lui fait de l’ombre depuis mars 1959.
Voici le portrait que L’Echo de la Presse et de la Publicité (N°328, 1er octobre 1957) dresse de lui : « M. Beyler, on le sait ne s’occupe pas exclusivement de Radar. Président-directeur général de la société « les Editions Nuit et Jour », (S. A. au capital de 10 millions), éditrice de Radar, il est également le grand patron des périodiques Rêves, Qui ? Détective, Horoscope et Galaxie. Il dirige d’autre part l’agence de Presse « Coordination » (qui alimente principalement les journaux du groupe) et enfin, il séjourne très fréquemment à Bordeaux où il assume les lourdes responsabilités de président-directeur général du quotidien
On le voit en 10 ans le chemin parcouru était important. Et lorsque les périodes de crise se présentèrent a plusieurs reprises, avec en 1978, l’interdiction de Détective dont les affichettes plus que le contenu de la revue firent un véritable scandale au cœur de la commission des publications remontant jusqu’au Ministère, André Beyler avait de quoi se retourner et retomber sur ses pieds.
(André Beyler (1978)COPYRIGHT JUIN 2010
jeudi 25 mars 2010
ROBERT GAILLARD et ROBERT BRESSY
Dès 1943, les romans de Robert Gaillard furent publiés dans des journaux, tels qu’Actu, L’Espoir,
LES CONJURES DE MANAGUA 84 B (Sayol) 8-11-74
SORTILEGES INDIENS 144 B (Yves Laurent) 21-12-74
GUAYAQUIL DE MES AMOURS 102B Juillet 1975
MEURTRES EXOTIQUES 120 B février 1976
L’ARCHIPEL DES VOLUPTES 204 B mars à nov. 1977
LE SANG DU TIGRE 84 B dec. 1977-1978
CYCLONE SUR
NI L’OR NI
LE MIEL DE
AU PIED DU SOLEIL 138B Juin 1979
LES FRUITS DE
LE SANG BRULANT 174 B Aout 1980
L’OUEST SAUVAGE 174 B Mai 1981
LE VAGABOND DE
(Dessins d'Yves Laurent)
Les Navigateurs de l’Infini (78 bandes).
Les Astronautes (60 bandes) jusqu’au 16 mai 1975).
Les Xipéhuz (39 bandes) du 17 mai au 4 juillet 1975.
Le Trésor dans
Nymphée (65 bandes) du 20 nov. 1975 au 4 février 1976.
La Mort de la Terre (74 bandes) du 5 février au 3 mai 1976.
(Les Xipéhuz, 1975)
(C) Charles Moreau mars 2010.
Note : Jean Pierre Moumon a réédité Les Xipéhuz et La Mort de la Terre que vous pouvez acheter pour 16 euros chacun (port compris et paiement par chèque) à l’adresse suivante : 19 rue Thiers, 83590 GONFARON.
lundi 8 février 2010
L'AUTRE DUMAS

Le 20 mars 2002 j'envoyai au journal LE MONDE un article de trois pages intitulé "SUR UNE PANTHEONISATION D'ALEXANDRE DUMAS". L'article paru dans une version condensée le 26 mars 2002. Voici le texte intégral de cet article.
SUR UNE PANTHEONISATION D'ALEXANDRE DUMAS
En date du vendredi 8 mars 2002, le Monde des livres nous apprenait qu'au début octobre, Dumas père verrait son introduction au Panthéon. La demande était faite par le Président de la Société des Amis d'Alexendre Dumas, Didier Decoin. On peut s'en réjouir pour l'illustre romancier et homme politique qu'il fut : il y a d'ailleurs au Panthéon bien des gens qui ne devraient pas y être. pourquoi pas lui ?
Cependant quelque chose nous trouble : Dumas aurait-il été un grand romancier comme Hugo ? Que l'on sache le grand poète a écrit seul ses poèmes épiques, sur l'histoire de l'humanité, et ses romans gigantesques n'ont point eu besoin de l'aide d'un collaborateur aussi puissant que le fut AUGUSTE MAQUET. Sans cet homme de talent, ce professeur d'histoire, ce chercheur infatigable qui mit en forme le plus gros de la production de Dumas, celui-ci n'aurait point existé tel que nous l'avons découvert et aimé. Il y a comme une injustice qui se perpétue à son encontre.
La légende dumasienne se gonfle vraiment trop, et l'on oublie le maître d'oeuvre sans qui Dumas n'aurait jamais été Dumas. Sans Maquet, point de saga sur les Mousquetaires, sans lui, point de cycles gigantesques sur l'histoire des derniers Valois ou sur la révolution ! Ni le chevalier d'Harmental, ni le Batard de Mauléon, ni le moine Gorenflot, ni l'abbé Faria n'auraient existé, la Reine Margot ne nous aurait pas permis de connaître la Saint-Barthélémy, et la superbe Andrée de Taverny, Contesse de Charny, ne serait pas ajoutée aux fidèles amis de Marie-Antoinette qui moururent pour elle lors des journées de Septembre 1792.
Perdues les extraordinaires aventures du fou Chicot, l'ami du roi Henri III, perdus les savants complots de l'illuminé Cagliostro et les amours folles du Cardinal de Rohan ! Plus de Fille du Régent ou de Guerre des Femmes, et même plus de vengeance pour Edmond Dantès.
Pas de procès de Maquet à Dumas ou de Dumas à Maquet, pas de pièces de théâtre écrites d'après les romans issus de la collaboration, pas de pamphlet sur la fabrique de nègres du grand Alexandre et pas d'amitié réelle entre deux hommes qui s'estimaient beaucoup. Bref, un Dumas squelettique, peut-être oublié, aujourd'hui.
Il est injuste que la gloire de Dumas ne retombe pas sur le plus grand écrivain qui travailla pour lui, même quand il était défaillant, surtout quand il était défaillant. Maquet tendit toujours la main à Dumas, même après ses procès. Il envisageait déjà des suites aux Quarante-Cinq (La Belle Gabrielle) et à Monte-Cristo. Mieux il écrivit des suite pour combler les lacunes des cycles historiques déjà écrits et les relier entre eux.
Dumas mourut ruiné chez son fils et redevable de sommes élevées à Maquet. On dit fort injustement que ce dernier mourut oublié. Rien n'est plus faux, il était propriétaire du Château de Sainte-Mesmes, ses romans connaissaient encore le succès et les jeunes auteurs venaient le voir avec respect : essayez d'acquérir La Belle Gabrielle, Le Comte de Lavernie ou Le Beau d'Angennes. C'est assez difficile mais si vous avez un peu de chance, vous aurez plaisir à retrouver messire Chicot et les comparses des Quarante-cinq, les guerres de Louis XIV, le Saint-Cyr de Madame de Maintenon ou les intrigues de la Régence et bien d'autres qui montrent que Maquet était le talent (1) de Dumas et qu'il mérite d'être "panthéonisé" tout comme lui. "Panthéoniser" Dumas seul ce serait comme "panthéoniser" Erckmann sans Chatrian ou Chatrian sans Erckman.
Dumas seul, ce serait un petit versificateur qui entrerait là avec une gloire réduite à peu, celle d'un homme de théâtre et encore : "Henri III et sa Cour" et "Chritine" sont des pièces bien oubliées de nos jours ! Quant aux autres nègres, il ont laissé si peu de grands romans...
Avignon le 20 mars 2002. Charles Moreau.
(1) Voir "HISTOIRE D'UNE COLLABORATION" Alexandre Dumas et Auguste Maquet de GUSTAVE SIMON (Paris, éd. Georges Crès, 1919).
Voir aussi l'article UNE LEGENDE AU PANTHEON (Charles Moreau) in LE ROCAMBOLE n°24-25 (2003)
Comme le disait Benoit Poelvoorde dans une interview récente pour promouvoir le film L'Autre Dumas, Dumas doit se sentir bien seul au Panthéon au milieu de tant d'illustres inconnus, par contre Maquet qui est enterré au Père Lachaise doit bien rire, lui, car il est entouré par ses nombreux amis et nègres du XIXe siècle qui participèrent à la gloire de l'illustre voleur.
ADDITIF A L'INTENTION DE M. BERNARD FILLAIRE ( qui au début de son livre ALEXANDRE DUMAS ET ASSOCIES (Bartillat, juillet 2002) ne croie pas nécesaire de citer mon nom à propos de cette lettre au Monde (page 19), quand on est pas un plagiaire on va jusqu'au bout des choses et on cite ses sources.



















