mercredi 7 novembre 2012

LEIGH BRACKETT ET LE GRAND LIVRE DE MARS

Le 7 novembre 1977, j’envoyai une lettre à Leigh Brackett (1915-1978) à Kinsman, Ohio, et une copie de cette lettre à Lancaster, en californie, où je lui posai de nombreuses questions sur Chandler, sur ses romans policiers, sur Planet Stories, sur la nouvelle The Tapestry Gate et sur les auteurs à message. Elle ne put me répondre que le 26 du même mois en me donnant une foule de renseignements sur elle-même et sur son œuvre qui me servirent dans la biobibliographie que je devais publier plus tard en trois parties dans la revue Fantastik n°12, 13 et 14 (Campus Editions 1982-1983) mais elle me fit aussi un cadeau en me révélant qu’elle avait écrit quatre romans policiers dont un (Stranger at Home, 1946) qu’elle avait signé du nom de l’acteur George Sanders, le seul roman qu’elle avait écrit en tant que ghost writer… A l’époque ce fait n’était connu de personne et ne fut rapporté aux Etats-Unis qu’après son décès car la lettre de réponse figurait dans ses archives.

Je lui en envoyai tout aussitôt une seconde où je la questionnai sur le deuxième épisode de Star Wars en préparation : L’Empire contre-attaque dont elle écrivait le scénario, mais le temps et la maladie l’empêchèrent de me répondre et de terminer ce scénario. C’est à partir de cette première mouture que Lawrence Kasdan établit le scénario définitif. Lucas lui confia aussi par la même occasion, l’écriture de Raiders of the lost Arc (Les Aventuriers de l’Arche perdue, 1981). RAY BRADBURY intervint auprès de George Lucas pour que le nom de LEIGH BRACKETT ne soit point oublié au générique, c’est ce qu’il me confia après sa visite à Cerisy-la-Salle et à Paris, lors de son passage en Avignon, sur la place de l’Horloge, en 1978.

Pour en venir à l’énorme volume intitulé Le Grand Livre de Mars, il ne contient que la plus belle et la plus importante partie de l’œuvre de Leigh Brackett consacré à la Planète rouge : il n’y manque que quelques nouvelles et un roman Shadow over Mars (1944), rebaptisé plus tard The Nemesis from Terra. Au demeurant, je préférai le titre de chez Opta, Le Livre de Mars, de 1969 (celui, un peu racoleur, des Editions du Bélial ressemble plus à une référence comptable qu’à un recueil complet consacré à la planète rouge où se mêlent l’épique et la poésie) mais il faut reconnaître que ce volume ne comprenait pas le superbe roman consacré à Matt Carse, Sea-Kings of Mars (1949) que le Fleuve noir, sous l’influence de Jean-Gaston Vandel (Paul Kenny), publia en 1957 sous le titre La Porte vers l’Infini.

Espérons, enfin, que le Bélial publiera la triologie de John Eric Stark consacrée à l’étoile rousse qui est son œuvre majeure et sa suite inédite écrite pour une anthologie de Harlan Ellison qui ne fut jamais publiée, Stark and the Star Kings, reliant le cycle des Rois des Etoiles de son mari, Edmond Hamilton et sa propre saga.

Charles Moreau

2 commentaires:

Rémi a dit…

J'adore Leigh Brackett. En particulier "L'Epée de Rhiannon". Elle est méconnue. Au cas où cela vous intéresserait, je lui ai consacré plusieurs articles, dont un justement sur "L'Epée de Rhiannon" : http://remimogenet.blog.tdg.ch/archive/2012/03/29/leigh-brackett-sur-la-planete-mars.html

Vincent Arnac a dit…

Bonjour Charles.
d aventure, auriez vous été chroniqueur dans la revue "fantastik" , durant les annees 70-80. Sinon, il y a moult coïncidences fascinantes avec votre homonyme. Et si oui, vous êtes l une des personnes qui a forgé ma passion pour la sf et le fantastique.
Bien à vous,
Vincent Arnac, Avignon

Arnac vincent (slow modeler), on facebook.